Conformément au règlement (UE) n° 1151/2012 relatif aux systèmes de qualité applicables aux produits agricoles et aux denrées alimentaires, la Commission a présenté un rapport sur les implications socioéconomiques et environnementales de lagriculture locale et de la vente directe et sur les possibilités dintroduction dun outil détiquetage à léchelon de lUnion européenne. Une série de questions est jointe en annexe afin dorienter le débat.
Dans sa résolution sur lavenir de la politique agricole commune après 2013, le Parlement européen a insisté sur la nécessité dinclure lamélioration de la compétitivité à différents niveaux, y compris celui des marchés locaux, parmi les objectifs fondamentaux de la PAC après 2013. Par sa résolution du 7 septembre 2010, il a également invité la Commission à proposer ladoption dinstruments de soutien des filières courtes et des marchés gérés directement par les agriculteurs (vente à la ferme) afin de donner à ces derniers la faculté dobtenir une partie plus équitable de la valeur du prix de vente final à travers une réduction des transferts et des interventions des intermédiaires.
Lagriculture locale et la vente directe sont une réalité au sein de lUnion européenne et demeureront une composante de lagriculture européenne. Le rapport a démontré les points suivants :
1) Il existe une demande pour des produits de la ferme authentiques vendus dans des circuits courts alimentaires, quil convient de définir. Une étude indique quau Royaume-Uni, 70% des habitants veulent acheter local, près de 50% veulent acheter plus de produits locaux à lavenir, et 60% achètent déjà local. Daprès le Natural Marketing Institute, 71% des consommateurs français et 47% des consommateurs espagnols et britanniques affirment quacheter local est important. Les activités menées pour répondre à la demande croissante de produits locaux peuvent également renforcer et développer la compétitivité des zones rurales.
2) Il existe de grandes disparités entre les États membres pour ce qui est de lessor de la vente directe, qui sont probablement dus aux différences nationales et régionales entre les structures des exploitations, les canaux de distribution et les cultures. En moyenne, environ 15% des exploitations vendent plus de 50% de leur production directement aux consommateurs, avec des écarts importants entre les États membres: le pourcentage des exploitations de ce type est compris entre près de 25% en Grèce et à peine 0,1% en Espagne.
3) Le développement de circuits courts alimentaires fait face à de nombreux défis, quil convient de relever avec des outils autres quun système détiquetage. Ladaptation des règles de lUnion en matière de marchés publics et la clarification des règles en matière dhygiène font partie de ces défis. Plusieurs instruments sont disponibles à léchelon européen et national, mais ils ne sont pas appliqués de manière uniforme. Les parties prenantes estiment que certaines règles de lUnion entravent lessor de lagriculture locale.
4) Une éventuelle nouvelle étiquette devrait être simple et ne pas représenter une contrainte trop lourde pour les producteurs, tout en étant contrôlable et garante dune crédibilité suffisante pour les consommateurs. Elle devrait également viser à réduire le risque dinduire le consommateur en erreur, même si la législation européenne existante permet, si elle est correctement appliquée, de prendre des mesures à lencontre des pratiques trompeuses.
5) Une nouvelle étiquette pourrait apporter une valeur ajoutée aux produits issus de lagriculture locale si elle va au-delà de la vente directe et si les États membres veillent à lintégrer ou à la rattacher à dautres mesures. Les expert sont davis que si un système détiquetage devait être créé, il devrait : i) être facultatif pour les producteurs ; ii) éviter les procédures de certification et daccréditation qui sont perçues comme fastidieuses et coûteuses ; iii) fixer des critères déligibilité clairs pour les produits inclus dans le système.