Conformément à la directive 2012/34/UE, la Commission a présenté son sixième rapport sur le suivi de lévolution du marché ferroviaire. Le rapport présente les principales évolutions des marchés ferroviaires au regard des objectifs stratégiques du marché ferroviaire de lUnion européenne. Daprès la Commission, il sagit du premier rapport qui sappuie sur le questionnaire dinformation établi dans le règlement dexécution (UE) 2015/1100 de la Commission aux fins de la surveillance du marché ferroviaire ( le «règlement RMMS»), en vigueur depuis le 1er janvier 2016. Il aborde un large éventail de sujets tels que lévolution du marché intérieur des services ferroviaires, linfrastructure et les services disponibles pour les entreprises ferroviaires, les conditions-cadres (y compris les redevances), létat du réseau, lutilisation des droits daccès et les obstacles à une plus grande efficacité des services ferroviaires.
Évolution des services ferroviaires
Les chemins de fer de lUnion continuent de croître, comme en témoigne notamment la hausse significative des volumes de trafic de voyageurs enregistrée entre 2011 et 2016. Le trafic ferroviaire de voyageurs a continué de croître de 1,7% par an. Le trafic ferroviaire de voyageurs est essentiellement national, 6 % seulement du trafic ayant été de nature transfrontière en 2016. Dans le même temps, les marchés ferroviaires souvrent progressivement et les niveaux de sécurité restent élevés. Entre 2011 et 2015, la sécurité des voyages en train était plus de 25 fois supérieure de à celle des trajets en voiture.
Le secteur est de plus en plus orienté vers les performances, innovant et réactif par rapport aux besoins des clients. Il ressort dune enquête Eurobaromètre publiée en septembre 2018 que 66% des Européens sont satisfaits de la fréquence des trains de voyageurs, que 59% dentre eux sont satisfaits de leur ponctualité et fiabilité, et que 55% des usagers sont satisfaits des informations sur les voyages communiquées lors des trajets, notamment en cas de retard. Ces chiffres sont nettement meilleurs que ceux dune enquête similaire réalisée en 2013.
Le secteur ferroviaire peut jouer un rôle accélérateur majeur dans la réduction des émissions dues aux transports. Il est responsable de 2% seulement de la consommation dénergie totale de lUnion dans le secteur des transports, alors quil a permis de transporter, en 2016, 11,2% du fret et 6,6% des voyageurs, tous modes de transport confondus.
En 2016, la longueur totale des lignes du réseau ferroviaire de lUnion était denviron 221 000 kilomètres (1,6% de moins quen 2011). Environ 54% du réseau de lUnion était électrifié en 2016, 2 097 kilomètres de lignes électrifiées ayant été ajoutées par rapport à 2011 (+1,7%). Le réseau à grande vitesse de lUnion sétendait sur plus de 8 400 kilomètres de ligne à la fin de lannée 2017, sa longueur ayant plus que doublé depuis 2003.
Trafic de fret
Contrairement au trafic de passagers, la Commission a noté que les volumes de fret restent instables et ont entraîné une baisse de la part modale par rapport au transport routier en 2016. Depuis le pic de 2011 (19%), la part du rail dans le fret terrestre dans lUnion a diminué, bien quelle soit parvenue à rester aux alentours de 17% en 2016, tandis que la part du transport routier a augmenté de 75% à 76%. Le trafic ferroviaire de fret a peiné à se remettre de la chute significative des volumes subie en 2009, au plus fort de la crise économique. La nature internationale de ces services les rend sensibles aux obstacles à linteropérabilité et aux problèmes de coordination transfrontière. Pour y remédier, la Commission met en place un programme de mesures et dinitiatives complémentaires. La politique menée de longue date par la Commission en vue dassurer linteropérabilité (notamment le déploiement efficace et coordonné de lERTMS) a été récemment renforcée et met l'accent sur la résolution des questions opérationnelles transfrontières dordre pratique.
Degré douverture du marché
Le marché du fret ferroviaire a été ouvert à la concurrence en 2007. En 2016, de nouveaux opérateurs en concurrence avec des opérateurs nationaux historiques étaient en activité dans tous les pays à lexception de la Grèce, de lIrlande, de la Lituanie et du Luxembourg et, dans la moitié dentre eux, la part de marché des concurrents était supérieure à 40%. Entre 2011 et 2016, la part de marché des opérateurs concurrents a augmenté de manière régulière dans tous les pays de lUnion. La part de marché des opérateurs concurrents a régressé en Suède et en Estonie uniquement, avec une chute en Estonie de 41% à 20%.
Si le marché du transport international de voyageurs est ouvert à la compétition depuis 2010, les États membres continueront de réguler laccès à leur marché du transport intérieur de voyageurs jusquà la mise en uvre du quatrième paquet ferroviaire. Selon les chiffres communiqués, la moitié des États membres seulement comptent des opérateurs concurrents en activité sur le marché du transport commercial de voyageurs. Leur part de marché est généralement supérieure à 10% et, dans quatre États membres, les nouveaux entrants proposent presque tous les services commerciaux.
La mise en uvre du pilier technique du 4e paquet à compter de juin 2019 améliorera encore linteropérabilité entre les réseaux ferroviaires nationaux. Elle allégera également les formalités administratives liées aux opérations transfrontières et renforcera le rôle de lAgence de lUnion européenne pour les chemins de fer. Le pilier relatif au marché complétera louverture des marchés nationaux à compter de décembre 2019 et fera du principe de mise en concurrence la règle en matière de marchés publics de services dans lUnion pour décembre 2023 au plus tard, les attributions directes étant autorisées uniquement dans des cas exceptionnels.
Emploi et conditions sociales
Conformément aux données RMMS transmises par les États membres et par la Norvège, fin 2016, un petit peu plus dun million de personnes étaient employées dans le secteur ferroviaire européen, dont environ 600 000 par des entreprises ferroviaires et 440 000 par des gestionnaires de linfrastructure. La main-duvre est essentiellement masculine; en moyenne, on ne compte que 21% de femmes. La proportion deffectifs féminins varie de 50% en Estonie à 8% en Autriche. Le vieillissement de la main-duvre reste préoccupant, surtout en Espagne, en Grèce et en Italie, où plus de 50% de la main-duvre était âgée de plus de 50 ans en 2016.
Vue globale
La politique de la Commission en matière de développement de l'infrastructure, qui se décline sous la forme de la politique relative au réseau transeuropéen de transport (TEN-T), vise à améliorer linfrastructure en éliminant les goulets détranglement et en construisant les chaînons manquants. Pour la prochaine période de programmation financière, la Commission propose de recourir au soutien financier du Mécanisme pour linterconnexion en Europe 2, du Fonds de cohésion, du Fonds européen de développement régional et du programme InvestEU afin daccélérer également la transformation numérique dans le transport ferroviaire. Afin daider lindustrie ferroviaire à accéder au financement, la Commission met au point une méthodologie visant à évaluer les caractéristiques environnementales des projets ferroviaires dans le cadre de son plan daction sur la finance durable.
Les corridors de fret ferroviaire demeurent un aspect clé de la politique de la Commission visant à stimuler le fret ferroviaire. Le règlement sur le fret ferroviaire et la directive relative aux conducteurs de train sont toujours en cours dévaluation. Pour encourager le fret ferroviaire, la Commission a proposé en novembre 2017 de modifier la directive 92/106/CEE relative aux transports combinés dans le cadre de son deuxième train de mesures en matière de mobilité afin dapporter de nouvelles mesures de soutien plus efficaces permettant de transférer du fret de la route vers le chemin de fer.
En dernier lieu, la Commission a noté que le transport ferroviaire ne peut être considéré indépendamment des autres modes de transport : sa compétitivité dépend également du cadre de concurrence intermodale. Cest la raison pour laquelle la Commission sefforce dobtenir des conditions équitables pour la concurrence intermodale, notamment par lintermédiaire du train de mesures en matière de mobilité, qui inclut la modification de la directive Eurovignette. La Commission a également commandé une étude globale sur linternalisation des coûts externes des transports. Celle-ci permettra dévaluer la mesure dans laquelle les principes de lutilisateur-payeur et du pollueur-payeur sont mis en uvre dans les États membres pour lensemble des modes de transport.