Le Parlement européen a adopté par 555 voix pour, 126 voix contre et 11 abstentions, une résolution législative sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) nº 1367/2006 du Parlement européen et du Conseil du 6 septembre 2006 concernant lapplication aux institutions et organes de la Communauté européenne des dispositions de la convention dAarhus sur laccès à linformation, la participation du public au processus décisionnel et laccès à la justice en matière denvironnement
La proposition de révision du règlement Aarhus vise à améliorer la mise en uvre de la convention dAarhus. LUnion et ses 27 États membres sont parties à la convention dAarhus de 1998 qui donne aux membres du public le droit daccès à linformation et de participation au processus décisionnel en matière denvironnement, ainsi que dexiger réparation si ces droits ne sont pas respectés.
La position du Parlement européen adoptée en première lecture dans le cadre de la procédure législative ordinaire modifie la proposition de la Commission comme suit :
Améliorer laccès à la justice en matière denvironnement dans lUnion européenne et ses États membres
Selon les députés, laccès à la justice en matière denvironnement, par lintermédiaire tant de la Cour de justice de lUnion européenne (CJUE) que des juridictions nationales en leur qualité de juridictions de lUnion, est une mesure importante aux fins de la transition liée au pacte vert pour lEurope. Cest aussi un moyen de renforcer le rôle que peut jouer la société civile en tant que gardienne de lespace démocratique.
Clarification des définitions d«actes administratifs» et d«omission administrative»
La révision du règlement (CE) nº 1367/2006 doit permettre daméliorer laccès au contrôle administratif et juridictionnel au niveau de lUnion pour les citoyens et les organisations non gouvernementales de défense de lenvironnement qui ont des doutes spécifiques sur la compatibilité avec le droit de lenvironnement des actes administratifs ayant des incidences sur lenvironnement.
Les députés ont clarifié que la notion d«acte administratif» devait englober tout acte non législatif adopté par une institution ou un organe de lUnion, ayant un effet juridique et extérieur et contenant des dispositions pouvant aller à lencontre du droit de lenvironnement. La définition d«omission administrative» a également été introduite, à savoir toute carence d'une institution ou d'un organe de lUnion à adopter un acte non législatif ayant un effet juridique et extérieur, lorsque cette carence peut aller à lencontre du droit de lenvironnement.
Demande de réexamen interne dactes administratifs
Les organisations non gouvernementales de défense de lenvironnement ainsi que les membres du public devraient avoir le droit de demander un réexamen interne des actes et omissions de nature administrative des institutions et organes de lUnion.
Les membres du public devraient toutefois :
- démontrer que linfraction alléguée au droit de lenvironnement de lUnion porte atteinte à leurs droits et que, contrairement au reste du public, ils sont directement affectés par cette atteinte, par exemple dans le cas dune menace imminente pour leur santé et leur sécurité;
- démontrer quil existe un intérêt public suffisant et que la demande est soutenue par au moins 4000 membres du public qui résident ou sont établis dans au moins cinq États membres et quau moins 250 membres du public proviennent de chacun de ces États membres.
Afin de garantir lefficacité des procédures de réexamen interne, les membres du public devraient être représentés soit par une organisation non gouvernementale de défense de lenvironnement satisfaisant aux critères énoncés dans le règlement (CE) n° 1367/2006 révisé, soit par un avocat habilité à exercer devant la juridiction dun État membre.
Si une institution ou un organe de lUnion reçoit plusieurs demandes de réexamen dun même acte administratif ou dune même omission administrative, cette institution ou cet organe pourrait décider de joindre ces demandes et de les traiter comme une seule demande. Linstitution ou organe de lUnion devrait motiver sa position par écrit aussi rapidement que possible,
Publication des demandes et des décisions définitives, et systèmes en ligne pour la réception des demandes
Les institutions et organes de lUnion devraient publier toutes les demandes de réexamen interne dès que possible après leur réception, ainsi que toutes les décisions définitives les concernant dans les meilleurs délais après leur adoption. Ils pourraient mettre en place des systèmes en ligne pour recevoir les demandes de réexamen interne et pourraient exiger que toutes les demandes de réexamen interne soient introduites par lintermédiaire de ces systèmes.
Lorsque linstitution ou organe de lUnion omet dagir, lorganisation non gouvernementale ou les autres membres du public qui ont introduit la demande de réexamen interne pourraient saisir la Cour de justice.
Dans une déclaration annexée à la résolution législative, la Commission a pris acte des préoccupations exprimées et des conclusions adoptées par le comité dexamen du respect des dispositions de la convention dAarhus en ce qui concerne les aides dÉtat.
Ces conclusions invitent lUnion à prendre les mesures nécessaires pour assurer la modification du règlement Aarhus, ou ladoption dune nouvelle législation de lUnion européenne, afin de permettre clairement laccès par les membres du public aux procédures administratives ou judiciaires afin de contester les décisions relatives à des mesures daides dÉtat prises par la Commission européenne qui sont contraires au droit de lUnion en matière denvironnement.
La Commission analyse actuellement les implications de ces conclusions et publiera une évaluation dici à la fin de 2022. Sil y a lieu, dici à la fin de 2023, elle présentera des mesures pour résoudre ce problème.