La commission des affaires économiques et monétaires a adopté, suivant une procédure législative spéciale (consultation), le rapport dAurore LALUCQ (S&D, FR) sur la proposition de directive du Conseil relative à la mise en place dun niveau minimum dimposition mondial pour les groupes multinationaux dans lUnion.
La directive proposée définit la méthode de calcul de taux d'imposition effectif par juridiction et comprend des règles claires et juridiquement contraignantes qui garantiront que les grands groupes présents dans l'UE paieront un taux minimum de 15% pour chaque juridiction dans laquelle ils exercent une activité.
La directive sappliquera à tous les grands groupes, d'envergure nationale et internationale qui disposent d'une société mère ou d'une filiale située dans un État membre de l'UE et dont le chiffre daffaires consolidé du groupe sélève à au moins 750 millions dEUR au cours dau moins deux des quatre années précédentes.
La commission compétente a approuvé les éléments clés de la proposition de la Commission, notamment le maintien du calendrier proposé et de la date limite de mise en uvre fixée au 31 décembre 2022, afin de permettre une application rapide de la législation.
Les députés ont néanmoins apporté quelques amendements à la proposition de la Commission.
Application aux petites entités
La Commission devrait vérifier comment les États membres appliquent le modèle de règles globales de lutte contre lérosion de la base dimposition» ou «règles GloBE» aux petites entités et la manière dont ils le font, et prendre les mesures appropriées sils les appliquent dune manière contraire aux principes du droit de lUnion ou qui porte atteinte à lintégrité du marché intérieur.
Surveillance par le groupe «Code de conduite (fiscalité des entreprises)»
Bien que les États membres disposent dune certaine latitude dans la mise en uvre technique de limpôt complémentaire national, le groupe «Code de conduite (fiscalité des entreprises)» du Conseil devrait surveiller attentivement lapplication dudit impôt. La Commission devrait apporter son aide à cet égard.
Emplacement dune entité constitutive
Un amendement précise quune entité constitutive autre quune entité transparente localement serait réputée être située dans la juridiction où elle est considérée comme résidente fiscale en vertu de son siège de direction effective, cest-à-dire du lieu où sont prises les principales décisions de gestion et décisions commerciales qui sont nécessaires à la conduite des activités, de son lieu de création ou dautres critères similaires qui reflètent des activités économiques réelles conformément à la directive et au modèle de règles GloBE.
Règles de lutte contre lévasion fiscale
Les députés ont souhaité réduire certaines exemptions proposées par la Commission, et limiter la possibilité dabus en intégrant un article spécifique qui inclut des règles pour lutter contre les systèmes dévasion fiscale.
La Commission pourrait adopter des actes délégués afin de fixer des règles plus détaillées visant à lutter contre lévasion fiscale, en tenant compte en particulier des modifications futures du modèle de règles GloBE.
Obligations déclaratives
Lorsquaucune entité constitutive na été désignée par les autres entités constitutives du groupe dentreprises multinationales (EMN), lentité locale désignée chargée de déposer la déclaration dinformation pour limpôt complémentaire devrait être la plus grande entité du groupe dEMN située dans le même État membre en termes de chiffre daffaires annuel au cours des deux dernières années consécutives.
Le Conseil, statuant à lunanimité sur proposition de la Commission et après avis du Parlement européen, devrait arrêter les mesures nécessaires pour mettre en uvre les obligations de dépôt de déclaration prévues par la directive et assurer léchange dinformations nécessaire.
Clause de réexamen
Les députés ont introduit une clause de réexamen afin de garantir que lapplication de la directive soit correctement évaluée cinq ans après son entrée en vigueur. Ce réexamen devrait:
- évaluer les progrès réalisés dans la mise en uvre au niveau mondial de laccord de lOCDE/du modèle de règles GloBE ainsi que certaines exonérations et dérogations, notamment en ce qui concerne les régimes dimposition des distributions et lexclusion de bénéfices liée à la substance,
- la pertinence du seuil pour les groupes dEMN et les grandes entreprises nationales dans le champ dapplication et
- les incidences de la directive sur les recettes des pays les moins avancés et sur les recettes fiscales des États membres, sur les décisions dinvestissement des entreprises, ainsi que sur la compétitivité de lUnion dans léconomie mondiale.
Dans le cadre de ce réexamen, les modifications apportées au modèle de règles GloBE pourraient également être intégrées au droit de lUnion si nécessaire.
Règles transitoires
La directive accorderait également aux groupes nationaux de grande envergure une période transitoire de trois ans (au lieu de cinq ans) au cours de laquelle leurs activités nationales faiblement imposées seraient exclues de lapplication des règles.
Clause de délimitation
La directive ne devrait pas affecter:
- lapplication par les États membres des dispositions nationales ou conventionnelles visant à préserver un niveau plus élevé de protection des bases dimposition nationales pour limpôt sur les sociétés en ce qui concerne la règle relative aux sociétés étrangères contrôlées au sens de la directive (UE) 2016/1164 du Conseil établissant des règles pour lutter contre les pratiques dévasion fiscale qui ont une incidence directe sur le fonctionnement du marché intérieur;
- lapplication des dispositions nationales relatives à dautres formes dimposition minimale des groupes ou sociétés nationaux.