OBJECTIF : fixer, au niveau de lUnion, des règles relatives à la restauration des écosystèmes afin de garantir le rétablissement de la biodiversité et de la résilience de la nature sur tout le territoire de lUnion.
ACTE PROPOSÉ : Règlement du Parlement européen et du Conseil.
RÔLE DU PARLEMENT EUROPÉEN : le Parlement européen décide conformément à la procédure législative ordinaire et sur un pied d'égalité avec le Conseil.
CONTEXTE : malgré les efforts de lUnion européenne (UE) et de la communauté internationale, la perte de biodiversité et la dégradation des écosystèmes se poursuivent à un rythme alarmant, au détriment des populations, de léconomie et du climat. Jusquà présent, lUE nest pas parvenue à enrayer la perte de biodiversité. Elle na pas atteint lobjectif volontaire consistant à restaurer au moins 15% des écosystèmes dégradés à lhorizon 2020.
Le rapport 2022 du GIEC a notamment souligné que le monde et lEurope disposent dun créneau limité pour assurer un avenir vivable. Il appelle à la mise en place dactions urgentes en faveur de la restauration des écosystèmes dégradés, pour atténuer les effets du changement climatique, notamment en restaurant les zones humides et les cours deau, les forêts et les écosystèmes agricoles. Lévolution récente de la situation géopolitique a encore souligné la nécessité de sauvegarder la sécurité alimentaire et la résilience des systèmes alimentaires.
Une action plus décisive est donc nécessaire pour réaliser les objectifs de lUE en matière de climat et de biodiversité à lhorizon 2030 et à lhorizon 2050 et pour assurer la résilience des systèmes alimentaires.
La proposition met en uvre lengagement pris par lEurope dans le cadre de la stratégie en faveur de la biodiversité à lhorizon 2030 de montrer lexemple en ce qui concerne linversion de la perte de biodiversité et la restauration de la nature. Elle ouvre la voie à la restauration et à la préservation dun large éventail décosystèmes dans lUE à lhorizon 2050, avec des résultats mesurables pour 2030 et 2040. Il sagit de la contribution essentielle de lUE aux négociations en cours sur un cadre mondial en matière de biodiversité pour laprès-2020, qui doit être adopté lors de la COP 15 de la convention sur la diversité biologique qui se tiendra à Montréal du 7 au 15 décembre de cette année.
Dans sa résolution du 9 juin 2021, le Parlement européen a salué avec enthousiasme lengagement pris par la Commission délaborer une proposition législative concernant la restauration de la nature, y compris des objectifs contraignants en matière de restauration.
CONTENU : la proposition de règlement relatif à la restauration de la nature énonce un objectif général consistant à contribuer à rétablir sur le long terme, de manière continue et durable, la biodiversité et la résilience de la nature dans lensemble des zones terrestres et marines de lUnion en restaurant les écosystèmes. Elle établit un cadre dans lequel les États membres mettront en place des mesures de restauration qui, dans leur ensemble, couvriront dici à 2030 au moins 20% des zones terrestres et marines de lUE et, dici à 2050, tous les écosystèmes ayant besoin dêtre restaurés.
La nouvelle législation proposée fixe des objectifs et des obligations en matière de restauration dans un large éventail décosystèmes terrestres et marins. Elle sappuie sur la législation existante, mais couvre tous les écosystèmes plutôt que de se limiter aux zones protégées dans le cadre de la directive «Habitats» et de Natura 2000, afin de mettre tous les écosystèmes naturels et semi-naturels sur la voie de la restauration dici à 2030.
Plus précisément, la proposition :
- fixe des objectifs en matière de restauration pour les écosystèmes terrestres, côtiers et deau douce et pour les écosystèmes marins (qui comprennent dautres zones marines en plus de celles relevant de la directive «Habitats»);
- fixe des objectifs consistant à garantir labsence de perte nette et le développement des espaces verts urbains dans les agglomérations, les villes et les banlieues. La superficie totale nationale des espaces verts urbains dans les agglomérations et dans les villes et banlieues devrait augmenter dau moins 3% par rapport à la superficie totale des agglomérations et des villes et banlieues en 2021 dici à 2040, et dau moins 5% dici à 2050;
- prévoit lobligation de supprimer les obstacles présents sur les cours deau de manière à transformer au moins 25.000 km de cours deau en cours deau à courant libre dici à 2030;
- prévoit lobligation dinverser le déclin des pollinisateurs et de parvenir à une évolution à la hausse des populations de pollinisateurs jusquà atteindre des niveaux satisfaisants. Cette obligation sappuiera sur la mise en place dune méthode de surveillance des pollinisateurs;
- impose à chaque État membre lobligation de parvenir à une évolution à la hausse pour une série dindicateurs importants pour la biodiversité i) des écosystèmes agricoles (indice des papillons de prairies; indice des oiseaux communs; stock de carbone organique dans les sols minéraux cultivés; part des terres agricoles présentant des particularités topographiques à haute diversité) et ii) des écosystèmes forestiers (augmentation globale de la biodiversité et évolution positive de la connectivité forestière, du bois mort, de la part des forêts inéquiennes, des oiseaux des milieux forestiers et des stocks de carbone organique);
- prévoit la mise en place de mesures de restauration et de remise en eau des tourbières drainées utilisées à des fins agricoles et dans les sites dextraction de tourbe;
- décrit les exigences relatives aux plans nationaux de restauration des États membres. Les mesures de restauration devraient être planifiées de manière stratégique afin de contribuer le plus efficacement possible au rétablissement de la nature dans lensemble de lUE ainsi quà latténuation du changement climatique et à ladaptation à celui-ci. Les plans nationaux devraient être élaborés sur la base des meilleures et des plus récentes données scientifiques disponibles.
La Commission estime que, globalement, les avantages de la restauration des tourbières, des marais, des forêts, des landes et des sous-bois, des prairies, des cours deau, des lacs et des habitats alluviaux, ainsi que des zones humides côtières, peuvent être estimés à environ 1.860 milliards deuros (pour un coût estimé à quelque 154 milliards deuros). Les avantages significatifs sont également estimés pour les écosystèmes marins et urbains, les forêts, les écosystèmes agricoles et la restauration des pollinisateurs. Par exemple, on estime la valeur de la pollinisation des cultures par les insectes à environ 5 milliards deuros par an dans lUE.