La commission des affaires économiques et monétaires a adopté le rapport de Stéphanie YON-COURTIN (Renew, FR) sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant les directives 2009/65/CE, 2009/138/CE, 2011/61/UE, 2014/65/UE et (UE) 2016/97 en ce qui concerne les règles de lUnion en matière de protection des investisseurs de détail.
La commission compétente a recommandé que la position du Parlement européen adoptée en première lecture dans le cadre de la procédure législative ordinaire modifie la proposition comme suit:
Mieux encadrer lenvironnement actuel en matière de conseil
Les députés soulignent la nécessité de mettre en place des règles qui encadrent mieux lenvironnement actuel en matière de conseil, en veillant à ce que les intermédiaires financiers fournissent aux clients et aux consommateurs des conseils plus transparents, plus compréhensibles et mieux adaptés. Ainsi, les clients et les consommateurs se verraient proposer des produits adaptés à leurs besoins et seraient en mesure de mieux comprendre les conseils quils reçoivent.
Intérêt supérieur des clients
Les États membres devraient exiger que, lorsquelle ou il fournit à des consommateurs des services dinvestissement ou, le cas échéant, des services auxiliaires, une entreprise dinvestissement ou un intermédiaire dassurance agisse dune manière honnête, équitable et professionnelle qui serve au mieux les intérêts desdits consommateurs.
Les conseillers financiers devraient fonder leurs conseils sur une gamme appropriée de produits financiers adaptés aux besoins du client ou du consommateur. La gamme des produits financiers proposés devrait tenir compte du modèle économique de lentreprise et des objectifs dinvestissement du client ou du consommateur. Les conseillers financiers devraient, après avoir déterminé les instruments adaptés aux besoins de leurs clients ou consommateurs, recommander le produit financier qui présente la meilleure rentabilité parmi des produits offrant des caractéristiques similaires à leurs clients et consommateurs, en tenant compte de ses performances, de son niveau de risque, déléments qualitatifs, des coûts et des frais communiqués.
Si les conseillers choisissent de recommander un produit équivalent entraînant un surcoût pour le client ou le consommateur, ils devraient motiver de manière objective cette recommandation et conserver un enregistrement de cette justification. Les conseillers financiers ne devraient pas placer les intérêts de leur entreprise avant ceux de leurs clients et consommateurs. Si aucun des produits nest dans lintérêt supérieur du client ou du consommateur, les conseillers financiers devraient sabstenir de donner des conseils ou de formuler une recommandation.
Évaluation de lefficacité des mesures
Les nouvelles règles renforceront davantage les obligations dinformation actuelles concernant les incitations, afin que les investisseurs de détail comprennent la notion générale dincitation, le risque de conflit dintérêts qui en résulte, ainsi que lincidence des incitations sur le coût total de linvestissement et les perspectives de rendement.
Afin dévaluer lefficacité de ces mesures, cinq ans après la date dadoption de normes techniques de réglementation et après consultation de lAutorité européenne des marchés financiers (AEMF) et de lAutorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (AEAPP), la Commission devrait élaborer un rapport évaluant les exigences renforcées en matière de gouvernance des produits, les risques de conflits dintérêts associés aux incitations, lévolution des coûts, le niveau global des investissements de détail sur les marchés des capitaux, la protection des consommateurs, la pertinence des règles de distribution et la mise en uvre de mesures en matière de culture financière. Si lévaluation de la Commission ne montre pas que les nouvelles dispositions ont entraîné un changement positif pour les consommateurs, elle pourrait proposer des modifications à la présente directive.
En outre, la Commission devrait être chargée délaborer un rapport cinq ans après lentrée en vigueur de la directive, après avoir consulté lAEMF et les autorités nationales compétentes, afin dévaluer si les fournisseurs de données de marché, financières et non financières, devraient être inclus dans le champ dapplication de la présente directive.
Références européennes communes
Après avoir consulté les autorités nationales compétentes et mené des tests auprès des acteurs du secteur, lAEMF et lAEAPP devraient élaborer des références européennes communes à utiliser pour les produits fabriqués et distribués dans plus dun État membre. Les références devraient être utilisées uniquement par les autorités nationales compétentes comme un outil de surveillance permettant dévaluer les caractéristiques qualitatives et quantitatives des produits et de repérer les valeurs aberrantes potentielles sur le marché.
Si le produit sécarte dune référence pertinente, les autorités nationales compétentes devraient avoir le pouvoir de prendre les mesures correctives nécessaires, y compris dexiger de lentreprise quelle justifie cet écart, en lui imposant de corriger son approche pour se conformer aux exigences en matière de gouvernance des produits et, en dernier ressort, dexiger que le produit soit retiré du marché, si nécessaire.
Finfluenceurs
Les députés ont introduit la notion de «finfluenceur», à savoir une personne physique ou morale exerçant une activité dinfluence commerciale en jouant sur sa popularité pour communiquer au public, par voie électronique et contre toute forme de rémunération des contenus visant à promouvoir, directement ou indirectement, des produits ou des contrats financiers.
Les entreprises dinvestissement, entreprises dassurance et intermédiaires dassurance concernés qui font appel à des finfluenceurs pour leurs communication publicitaire devraient établir un accord écrit avec les finfluenceurs définissant lobjet de leur relation contractuelle, à savoir la portée et la nature des activités exercées. Ils devraient également communiquer à lautorité compétente, sur demande, lidentité et les coordonnées des finfluenceurs dont ils utilisent les services et devraient régulièrement contrôler les activités menées par les finfluenceurs afin de sassurer que ces derniers respectent les dispositions de la présente directive.
Culture financière
La confiance dans les marchés financiers de lUnion est intrinsèquement liée au niveau de participation des clients de détail à ces marchés. Léducation et la connaissance sont des outils qui permettent à chaque citoyen de prendre des décisions dinvestissement éclairées. Selon les députés, la présente directive devrait ouvrir la voie à lamélioration du niveau déducation financière dans chaque État membre. Compte tenu des compétences limitées conférées à lUnion dans ce domaine, il incombe à chaque État membre de veiller à ce quil soit procédé aux adaptations nécessaires, notamment dans leurs systèmes éducatifs, pour respecter les dispositions de la directive.