La commission des affaires étrangères a adopté le rapport dIsabel WISELER-LIMA (PPE, LU) sur les droits de lhomme et la démocratie dans le monde et la politique de lUnion européenne en la matière - rapport annuel 2024.
Défis mondiaux pour la démocratie et les droits de lhomme
Le rapport insiste sur le devoir qui incombe à lUnion et à ses États membres de promouvoir et de protéger la démocratie et luniversalité des droits de lhomme dans le monde. Il demande à lUnion et à ses États membres de montrer lexemple, de promouvoir et de défendre strictement les droits de lhomme et la justice internationale. Le respect, la protection et lapplication des droits de lhomme et des libertés fondamentales doivent être la pierre angulaire de la politique extérieure de lUnion.
Les députés condamnent en particulier :
- la tendance croissante aux violations des droits de lhomme et des principes et valeurs démocratiques dans le monde (menaces de recul des droits humains, notamment des droits des femmes, torture, violence sexiste, répressions à lencontre de la société civile et des groupes marginalisés et vulnérables, etc);
- lesclavage et le travail forcé, le recours excessif à la violence par les autorités publiques, linstrumentalisation du pouvoir judiciaire, la censure et les menaces à lencontre des médias indépendants, y compris les menaces dans la sphère numérique telles que la surveillance en ligne;
- laffaiblissement de la protection des institutions et processus démocratiques et le rétrécissement de lespace dévolu à la société civile dans le monde entier.
Les députés sinquiètent de la crise internationale qui sévit actuellement pour ce qui concerne lobligation de rendre des comptes et les difficultés auxquelles se heurtent les actions visant à mettre un terme à limpunité pour les violations des normes fondamentales du droit international relatif aux droits de lhomme et du droit international humanitaire dans les conflits mondiaux. Ils soulignent les graves conséquences que peut avoir le discrédit jeté sur les organisations et enceintes multilatérales, telles que les Nations unies, et les attaques menées contre elles, ce qui peut favoriser une culture de limpunité.
Malgré ces défis, lUnion reconnaît les avancées positives en matière de droits de lhomme, soulignant, en particulier, le travail des Organisations de la société civile (OSC) et des défenseurs des droits de lhomme.
Renforcer la boîte à outils de lUnion
Les députés se félicitent de la prolongation du plan daction de lUnion européenne en faveur des droits de lhomme et de la démocratie jusquen 2027, en vue de maximiser les synergies et la complémentarité entre les droits de lhomme et la démocratie aux échelons local, national et mondial.
Le rapport :
- soutient le travail du Représentant spécial de lUnion européenne (RSUE) pour les droits de lhomme, qui contribue à la visibilité et à la cohérence des actions de lUnion en matière de droits de lhomme dans le cadre de ses relations extérieures;
- rappelle le rôle fondamental que joue linstrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI) - Europe dans le monde, notamment son programme thématique sur les droits de lhomme et la démocratie;
- réitère son appel en faveur de linclusion dévaluations sur la situation des droits de lhomme et de clauses robustes en matière de droits de lhomme dans les accords entre lUnion et les pays tiers, assorties dun ensemble clair de critères et de procédures à respecter en cas de violations;
- souligne la nécessité daccroître la visibilité des dialogues de lUnion sur les droits de lhomme;
- suggère que le régime mondial de sanctions de lUnion et dautres régimes de sanctions ad hoc soient utilisés de manière renforcée à lencontre des personnes qui sont responsables de graves violations des droits de lhomme et du droit humanitaire international, y compris des hauts fonctionnaires;
- demande à la Commission de poursuivre et détendre ses activités de soutien à la démocratie en augmentant le financement destiné aux organes et organismes de lUnion et en soutenant directement la société civile vu le contexte actuel dintensification des tensions mondiales et de répression dans un nombre croissant de pays;
- souligne lurgence de procéder à une révision complète des orientations de lUnion concernant les défenseurs des droits de lhomme compte tenu de la restriction continue de lespace dévolu à la société civile et de laugmentation des menaces qui pèsent sur le travail des défenseurs des droits de lhomme et des membres des OSC;
- insiste sur le rôle important de la société civile et des journalistes au sein des pays tiers dans le contrôle de la lutte contre limpunité et la corruption et demande à lUnion dintensifier les efforts en matière de réforme de la justice, de lutte contre limpunité ainsi que damélioration de la transparence et des institutions de lutte contre la corruption dans les pays tiers;
- met laccent sur le rôle particulièrement important de lOrganisation des Nations unies et réaffirme que lUnion et ses États membres doivent parler dune seule voix au sein des Nations unies et des autres enceintes multilatérales afin de relever efficacement les défis mondiaux en matière de droits de lhomme et de démocratie dans les enceintes multilatérales;
- invite les États membres et les partenaires qui partagent leurs valeurs à élaborer une stratégie solide pour contrer les attaques lancées de plus en plus fréquemment contre lordre mondial fondé sur des règles par des régimes autoritaires et totalitaires, y compris au travers de lagression non provoquée et injustifiée contre des voisins pacifiques;
- réaffirme le soutien résolu de lUnion à la Cour internationale de justice et à la CPI;
- invite tous les États à se conformer pleinement et sans condition au droit international humanitaire, demande la mise en place systématique de couloirs humanitaires dans les régions en guerre et daccorder une large priorité à légalité des sexes et à la santé et aux droits sexuels et génésiques dans leur réponse aux crises humanitaires et des réfugiés.
Relever les défis dans le domaine des droits de lhomme universels et de la démocratie
Le rapport formule une série de recommandations en ce qui concerne : le droit de ne pas être soumis à la torture ni à dautres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, le droit à la liberté de réunion et dassociation pacifiques, le droit à lalimentation, à leau et à lassainissement, les droits de lenfant, les droits des femmes, des réfugiés, des personnes LGBTIQ+, des personnes âgées, le droit à légalité et à la non-discrimination, le droit à la vie (vers labolition universelle de la peine de mort), le droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion et de conviction, les droits des peuples autochtones, le droit à la participation publique, le rôle du commerce en tant quinstrument majeur pour améliorer la situation des droits de lhomme dans les pays partenaires de lUnion, et enfin les droits de lhomme face aux menaces que fait peser lintelligence artificielle (IA).