Le Parlement européen a adopté par 469 voix pour, 162 contre et 54 abstentions, une résolution sur le Semestre européen pour la coordination des politiques économiques 2025.
Rappelant que la coordination des politiques économiques est indispensable au succès de lunion économique et monétaire, le Parlement affirme quune politique industrielle intégrée, coordonnée, ciblée et transversale est essentielle pour accroître les investissements dans la capacité dinnovation de lUnion. Les députés soulignent que les investissements publics et privés sont essentiels pour permettre à lUnion de relever les défis existants, notamment en ce qui concerne le développement de sa capacité dinnovation et des transitions écologique et numérique, et quils accroîtront la résilience, la compétitivité à long terme et lautonomie stratégique ouverte de lUnion.
La résolution attire lattention sur la nécessité dinvestissements stratégiques dans les interconnexions énergétiques, les énergies à faibles émissions de carbone (telles que les énergies renouvelables) et lefficacité énergétique afin, entre autres, i) de rendre lUnion indépendante des importations de combustibles fossiles et de prévenir les éventuels effets inflationnistes de la dépendance à ces combustibles, ii) de moderniser les systèmes de production et iii) de promouvoir la cohésion sociale. De plus, comme lont montré les inondations à Valence en octobre 2024 et le cyclone à Mayotte en décembre 2024, les États membres doivent réaliser les investissements nécessaires pour améliorer latténuation du changement climatique et ladaptation à celui-ci.
Les députés insistent sur la nécessité de créer des réserves budgétaires pour résoudre les difficultés en matière de viabilité budgétaire, en sassurant de disposer de suffisamment de ressources pour investir et pour faire face à déventuels chocs et crises à lavenir.
Perspectives économiques pour lUnion européenne
Le PIB de lUnion devrait augmenter de 0,9% en 2024, de 1,5% en 2025, et de 1,8% en 2026, ce qui reflète une reprise progressive et une expansion économique limitée par rapport aux cycles économiques précédents. Le taux d'endettement devrait augmenter pour atteindre 83% dans lUnion en 2025, puis 83,4% en 2026, lévolution des taux d'endettement variant dun pays à lautre. Lincertitude politique et les risques géopolitiques pourraient contribuer à laugmentation du coût de lemprunt sur les marchés financiers pour les États membres.
En 2024 et 2025, onze États membres de la zone euro devraient afficher des ratios dendettement supérieurs à la valeur de référence de 60%, et cinq États membres devraient rester au-dessus de 100%. Le déficit public dans lUnion et la zone Union devrait diminuer mais dix États membres de lUnion devraient afficher un déficit supérieur à la valeur de référence de 3% du PIB. Des procédures concernant les déficits excessifs ont été ouvertes pour huit États membres en 2024. Linflation est en baisse, passant de 2,6 % en 2024 à 2% en 2026, bien que linflation sous-jacente reste relativement élevée.
Les députés soulignent que le logement est directement lié aux déséquilibres macroéconomiques dans la zone euro et sont préoccupés par le fait que, dans certains États membres, les prix de limmobilier devraient augmenter et pourraient devenir difficiles à freiner en labsence dune stratégie globale.
Révision et mise en uvre du cadre de gouvernance économique de lUnion
Les députés rappellent que la réforme vise à rendre le cadre plus simple, plus transparent et plus efficace, tout en opérant une distinction entre les États membres en fonction de leurs points de départ individuels. Elle vise à renforcer la viabilité budgétaire et à promouvoir des politiques budgétaires contracycliques. Les nouvelles règles budgétaires offrent davantage de flexibilité et dincitations liées aux investissements et aux réformes nationales nécessaires pour relever les défis économiques, sociaux et géopolitiques auxquels lUnion est confrontée. La résolution demande à la Commission daméliorer ses analyses de soutenabilité de la dette pour chaque État membre, élément clé du bon fonctionnement du cadre de gouvernance économique. Elle souligne quil est essentiel que le nouveau cadre garantisse légalité de traitement entre les États membres et insiste sur la nécessité dun contrôle accru du Parlement sur la Commission pour garantir une mise en uvre efficace.
Plans budgétaires et structurels nationaux à moyen terme
Le Parlement constate que tous les États membres nont pas été en mesure de présenter leurs plans budgétaires et structurels nationaux à moyen terme et leurs projets de plans budgétaires à temps. 21 des 22 plans examinés jusquà présent ont fait lobjet dune évaluation positive. Dans les plans présentés par cinq États membres, la Commission a constaté des incohérences. Seuls sept États membres ont demandé un avis à leur institution budgétaire indépendante, tandis que neuf États membres nont pas respecté leur obligation de mener des consultations politiques avec la société civile et les partenaires sociaux. Cinq pays ont demandé une prolongation de la période dajustement, et seuls 8 des 17 projets de plans budgétaires respectent les recommandations budgétaires découlant du plan budgétaire et structurel national à moyen terme concerné.
Orientation budgétaire et rôle de la politique budgétaire dans la fourniture de biens publics européens
Le Parlement appelle de ses vux des politiques budgétaires qui rétablissent la stabilité tout en stimulant linnovation, la compétitivité industrielle et la croissance économique à long terme. Il importe de créer une marge de manuvre budgétaire supplémentaire pour faire face aux défis à venir et aux crises potentielles, tout en préservant un niveau dinvestissement suffisant pour soutenir une croissance durable et inclusive, lindustrialisation ainsi que la prospérité pour tous.
La Commission est invitée à engager des discussions sur la manière de combler limportant déficit dinvestissement dans lUnion et de réduire les coûts demprunt, de renforcer la stabilité financière et de permettre des investissements stratégiques conformément aux objectifs de lUnion, ainsi que pour la fourniture de biens publics européens, tels que les capacités de défense. Les députés demandent que les gains defficacité qui pourraient découler de la fourniture de biens publics européens à léchelle de lUnion soient pleinement exploités grâce à une coordination efficace des priorités dinvestissement entre les États membres.
Recommandations spécifiques par pays
Le taux de recommandations par pays «pleinement mises en uvre» est passé de 18,1% (au cours de la période 2011-2018) à 13,9% (au cours de la période 2019-2023). Le Parlement plaide en faveur dune mise en uvre plus efficace des recommandations par pays, qui est un élément essentiel pour assurer la viabilité budgétaire et remédier aux déséquilibres macroéconomiques. Il insiste sur limportance des recommandations par pays pour sattaquer aux facteurs à plus long terme de la viabilité budgétaire, notamment la viabilité et le bon fonctionnement des systèmes de retraite publics, des systèmes de soins de santé et de soins de longue durée face aux défis démographiques tels que le vieillissement des populations.