Le Parlement européen a adopté par 351 voix pour, 260 contre et 70 abstentions, une résolution sur le Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: priorités sociales et en matière demploi pour 2025.
Mettre en uvre le socle européen des droits sociaux (SEDS)
Les députés estiment que lUnion européenne doit redoubler defforts pour atteindre les objectifs sociaux de 2030, en mettant en uvre le SEDS et en assurant une convergence sociale ascendante. La Commission est invitée à veiller à ce que le rapport conjoint sur lemploi (RCE) 2026 comporte une analyse de la dimension sociale des plans structurels budgétaires nationaux à moyen terme liés à la résilience sociale.
La résolution souligne limportance que revêtent le tableau de bord social et le cadre de convergence sociale pour recenser les risques et suivre les progrès dans la réduction des inégalités, le renforcement des systèmes de protection sociale ainsi que la défense de conditions de travail décentes et de mesures de soutien aux travailleurs pour gérer les transitions. Les députés regrettent le manque de données sur la concentration des richesses, sachant que les 10% les plus riches détiennent 56% de la richesse totale.
La Commission devrait analyser les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) liés à lemploi et à la politique sociale ainsi que les progrès accomplis dans lélimination des discriminations sociales et professionnelles. Les États membres doivent par ailleurs appliquer les lignes directrices pour lemploi en mettant laccent sur léducation et la formation pour tous, les nouvelles technologies telles que lIA, et les récentes initiatives politiques en matière de travail via des plateformes, de logements abordables et décents et de lutte contre les pénuries de main-duvre et de compétences.
Développer des emplois de qualité
Les députés affirment quil importe dinvestir pour développer les compétences de la main-duvre et la formation professionnelle et de garantir des emplois de qualité, en mettant laccent sur le droit individuel à la formation et à lapprentissage tout au long de la vie. Ils invitent les États membres à élaborer des mesures de perfectionnement professionnel et de reconversion en collaboration avec les acteurs locaux. La réponse aux pénuries de main-duvre dans lUnion passe également par une mobilité accrue de la main-duvre au sein de lUnion. Les États membres doivent faciliter la reconnaissance des compétences et des qualifications dans lUnion, y compris pour les ressortissants de pays tiers.
Les députés saluent lannonce dune feuille de route pour des emplois de qualité afin de garantir une transition juste pour tous. La Commission est invitée à inclure dans cette feuille de route des considérations relatives aux mesures liées à lutilisation de lIA et de la gestion algorithmique dans le monde du travail.
Accompagner les jeunes et les groupes vulnérables
Le nombre de jeunes qui quittent prématurément le système éducatif et de formation, en particulier parmi les groupes vulnérables, reste élevé. Les députés invitent les États membres à renforcer la garantie pour la jeunesse et à investir dans la qualité et lattractivité de lenseignement et de la formation professionnels (EFP) et dans des programmes visant à doter les apprenants des compétences de base nécessaires pour le monde du travail et sa numérisation.
La résolution insiste également sur la nécessité :
- dactualiser la stratégie de lUnion européenne en faveur des personnes handicapées en y intégrant de nouvelles initiatives telles quune garantie européenne pour lemploi et les compétences des personnes handicapées;
- de remédier aux obstacles importants auxquels se heurtent les Roms en matière demploi à la lumière de lobjectif de veiller à ce quau moins 60% des Roms occupent un emploi rémunéré dici à 2030;
- dinvestir dans léducation et la formation pour tous afin de garantir un accès universel à des programmes publics déducation et de formation professionnelle de grande qualité;
- dinclure des recommandations spécifiques sur laccessibilité financière du logement dans le Semestre européen et de promouvoir les investissements qui soutiennent des solutions de logement de qualité à long terme qui soient réellement abordables pour les ménages à faibles revenus;
- délaborer des stratégies nationales de lutte contre le sans‑abrisme et délaborer des mesures en vue de mettre un terme au sans-abrisme dans lUnion dici à 2030;
- dentreprendre une action urgente de lUnion pour lutter contre les niveaux élevés de pauvreté et dexclusion sociale dans lUnion, en particulier chez les enfants, les jeunes et les personnes âgées;
- daugmenter le financement de la garantie européenne pour lenfance afin de la doter dun budget spécifique dau moins 20 milliards dEUR;
- délaborer un plan daction européen pour la santé mentale et de promouvoir une stratégie globale de lUnion sur la solitude et laccès aux soins de santé professionnels.
Inégalités salariales et conditions de travail
Le Parlement rappelle que les salaires réels sont toujours inférieurs à leur niveau davant la pandémie, alors que la productivité est restée approximativement identique. Il estime quune meilleure application des salaires minimaux et lélargissement des secteurs pratiquant la négociation collective peuvent avoir un effet bénéfique sur les niveaux dinégalité salariale.
Les États membres sont encouragés à garantir des conditions de travail décentes, incluant des salaires décents, un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et une meilleure protection sociale pour les travailleurs salariés et non-salariés. Les députés invitent la Commission à présenter une proposition relative au télétravail et au droit à la déconnexion et demandent que des initiatives soient prises pour lutter contre lexclusion de la main-duvre résultant de congés de maladie de longue durée.
Le Parlement demande que la priorité soit donnée aux problèmes démographiques dans la politique de cohésion de lUnion et invitent la Commission à proclamer une «Année européenne de la démographie».
Les députés soulignent limportance de réduire la charge administrative pesant sur les entreprises, tout en veillant au respect des normes sociales et du droit du travail. Ils estiment quun meilleur soutien aux PME peut favoriser linnovation et la création demplois de qualité et demandent que lappui en faveur des entreprises de léconomie sociale soit renforcé.
La crise du coût de la vie, notamment laugmentation des coûts du logement et de lénergie, est considérée comme un facteur de précarité nécessitant des politiques de soutien. Les députés mettent aussi en garde contre les risques sociaux découlant de la crise du secteur automobile et appellent à un dialogue social renforcé.
Enfin, la résolution insiste sur la nécessité de disposer de données probantes, actualisées et harmonisées afin daméliorer lélaboration de politiques et les investissements sociaux ciblés.